L’INVITATION

Peu m’importe comment tu gagnes ta vie.
Ce que je veux savoir, c’est l’objet de ce désir qui brûle en toi à t’en faire mal.
Ce que je veux savoir, c’est si tu oses,
ne serait-ce que rêver de réaliser le désir profond de ton coeur.

Peu m’importe l’âge que tu as.
Je veux savoir si tu es prêt à risquer de passer pour un fou,
au nom de l’amour, au nom de tes rêves secrets,
au nom de la simple aventure d’être vivant.

Peu m’importe quelles planètes sont en conjonction avec ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta tristesse,
si tu t’es ouvert aux trahisons de la vie ou si tu t’es ratatiné,
refermé de peur de ressentir une douleur de plus.

Je veux savoir si tu peux t’asseoir avec la douleur, la mienne ou la tienne,
et rester là sans bouger, sans essayer de la cacher, de l’éviter ou de la travestir.

Je veux savoir si tu peux être un avec la joie, la mienne ou la tienne
si tu peux danser sauvagement,
laisser l’extase te remplir jusqu’au bout des doigts et des orteils
sans nous prévenir constamment de faire attention, d’être réaliste
sans nous rappeler à chaque seconde que l’être humain a des limites dont on doit tenir compte.

Peu m’importe que l’histoire que tu racontes soit vraie ou fausse.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu’un pour rester fidèle à toi-même
si tu peux supporter d’être accusé de trahison pour ne pas trahir ton âme
si tu peux être sans foi et cependant digne de confiance.

Je veux savoir si tu peux continuer de voir la beauté
même quand ce n’est pas très joli au jour le jour
et si tu as choisi de nourrir ta vie à cette source.

Je veux savoir si tu peux vivre avec l’échec, le tien comme le mien,
te tenir néanmoins au bord du lac et, à la pleine lune argentée, crier Ouiiiii !!!

Peu m’importe où tu habites, combien d’argent tu as.
Je veux savoir si tu peux te lever après une nuit de douleur et de désespoir,
épuisé et meurtri, et faire ce qu’il faut pour les enfants.

Peu m’importe qui tu connais, par quel chemin tu es venu ici.
Je veux savoir si tu te tiendras au centre du feu avec moi
sans chercher à t’en aller ou à reculer.

Peu m’importe ce que tu as étudié, où, avec qui.

Je veux savoir ce qui te porte et te soutient à l’intérieur
quand tout le reste s’est évanoui.

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même
et si tu aimes véritablement ta propre compagnie dans les moments vides.

Oriah Mountain
1999

ANNA-MARIA FRUSCIANTE

Thérapeute-enseignante, spécialisée en approches psychocorporelles, énergétiques, psychosomatiques et transgénérationnelles.
Créatrice et animatrice de cercles de femmes, de cercle de parole ou de méditation,
ainsi que quelques autres activités liées à la guérison, à la transformation intérieure
et à la conscience écologique au sens large des termes.