/ avril 23, 2019/ Sagesse & beauté

Or la loi de l’âme est radicale : si je ne suis pas proche de moi, je ne le serai de personne – et personne ne pourra – impunément – m’approcher ! Car l’autre reçoit aussitôt, et même si je crois l’aimer, le reflet radioactif de ma haine de moi-même.

L’amour de soi !

L’amour de soi – qui est le fondement de l’amour – est une expérience bouleversante, ontologique et mystique. Il ne s’agit pas de l’amour porté à cette personnalité que j’ai réussi à construire. C’est une grande sympathie que j’éprouve pour elle tout au plus. Non, l’amour s’ancre ailleurs. Il s’ancre d’abord dans la stupéfaction d’être vivant et étrangement dans l’expérience du corps.

Je vous invite à l’instant à frôler cette qualité. Laissez-vous saisir de la stupeur d’être dans un corps, d’être un corps. Accordez-vous un instant de peser de tout votre poids, sans la moindre esquive, de sentir la densité de la matière qui vous constitue, sa concentration, sa secrète dilatation après chaque inspir. A peine j’entre entière dans cette sensation qu’une incroyable qualité de présence m’envahit. Surtout ne me croyez pas. Continuez seulement de laisser respirer ce qui respire – de sentir le poids de votre corps – jusqu’à ce que vous ayez rejoint ce qui vous habite.

Il n’y a que le saisissement qui livre passage à l’essentiel. (….)

Cette puissance infiniment supérieure à l’homme et qui – mystère vertigineux – n’est agissante sur terre qu’à travers l’homme qui l’accueille ou le corps qui l’incarne, cette puissance ou mieux cette présence ineffable et fragile, c’est l’amour qui nous fonde.

 

Christiane Singer
in N’oublie pas les chevaux écumants du passé.

 

 


 

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