SE VOULOIR DU BIEN, SE FAIRE DU MAL


Philosophie de la dispute avec Maxime Rovère


Avec qui nous disputons-nous ? Comment expliquer qu’on s’embrouille ? le philosophe Maxime Rovere s’intéresse à la dispute dans son dernier livre  » Se vouloir du bien et se faire du mal, Philosophie de la dispute » (Flammarion).


Les conflits font partie de la vie

Pourquoi nous disputons-nous avec nos proches ? Comment changer afin d’améliorer nos rapports ? Maxime Rovere, dans une Philosophie de la dispute intitulée « Se vouloir du bien et se faire du mal » (Flammarion), expose les mécanismes sous-jacents de la dispute et invite à une pratique éthique de la découverte de soi et des autres. Car si les hommes se blessent en s’aimant, c’est aussi pour mieux explorer leurs mystères intérieurs et embrasser la joie d’être ensemble.

Mais qu’est ce que la dispute ?   Les disputes font partie de la vie et pourtant, elles nous font souffrir.  Elles surgissent au bord d’un paysage, au cours d’une promenade, lors d’un week-end amoureux , dans un repas de fête, avec les amis ou la famille. Et voilà qu’on s’embrouille et que ça vrille, il y a de la turbulence…   Pour comprendre ce qui nous pousse à nous disputer et à nous faire mal, il faut saisir comment nos interactions fonctionnent – et comment malgré nous elles modifient nos comportements, tout en nous laissant la liberté de les améliorer.  » La dispute, en première approche, est  une modalité rythmique – de parole, de respiration, mais surtout d’échanges de toutes sortes – qui tend à l’accélération .  Cet emballement des répliques par l’alternance de phrases ou de fragments de phrases est un procédé d’écriture que l’on désigne du terme grec de « stichomythie » : il s’agit de riposte du tac-au-tac qui créent une tension très intense….

Les petits problèmes contemporains sont les meilleures portes d’entrée vers les grandes questions philosophiques. Avec « Se vouloir du bien et se faire du mal-une philosophie de la dispute » , Maxime Rovere signe le grand retour de la philosophie morale et propose un livre de philosophie existentielle, qui mêle analyse, récits de vie et sagesses. Ce qui amène à se poser la question : comment se changer soi-même ? Clé de toute une vie éthique. Au travers de quatre parties centrées sur les notions de crise, de responsabilité, de vulnérabilité et d’épreuve, l’auteur éclaire la complexité de nos rapports grâce au concept d’interaction. Les interactions constituent des nœuds d’influences réciproques dans lesquels le sujet est pris. « Pour comprendre une dispute, il faut plutôt la rapporter à des interactions qui, parce qu’elles s’alimentent les unes les autres de manières circulaire, peuvent s’émanciper de leurs agents, se retrouver contre eux et soulever leurs propres forces contre leurs propres intérêts. Aussi curieux que cela puisse paraître, nos interactions profitent alors de conditions favorables pour développer leurs propres logiques, indépendamment des personnes impliquées. »

Maxime Rovere est écrivain, philosophe, et traducteur. Spécialiste de Spinoza, il oriente sa réflexion vers l’éthique et la philosophie interactionnelle. Il est également l’auteur de « Que faire des cons ? Pour ne pas en rester un soi-même » (Flammarion, 2020) et « L’école de la vie, Érotique de l’acte d’apprendre » (Flammarion, 2020)


Source : France Inter, L’heure philo, 21.10.2022, Maxime Rovère