/ juillet 16, 2021/ L'ARBRE À PALABRES, Santé & psycho



Oulah, faut que j’envoie ces lettres
Faut que je rappelle mon père, d’abord
Faut que je prévoie cette fête
Que j’ai promis de faire pour le disque d’or
Faut que je pense à l’été
Trouver des colos pour les gamins
Me demander quand est-ce que je les ai
Et puis pour qu’ils voient leurs cousins
Faut que je sache c’que mes sœurs ont prévu
Elles vont dire qu’elles m’l’ont déjà dit
J’vais répondre, oui mais que j’sais plus
Puis faudra qu’je pense à samedi
J’aimerai les emmener à la mer
Loin de ces humeurs grisâtres
Et dimanche, on ira voir mon père
On regardera le match tous les quatre
Pour ça faut qu’j’l’appelle d’abord lui
Puis cette fille à qui j’avais promis
Déjà y’a cinq jours que demain
J’la contacterai, c’est certain
Et que j’lui donnerai mon avis
Sur ce truc là qu’elle a sorti
Un podcast sur les interdits
Que j’ai trouvé d’ailleurs très bien
Et puis faut qu’je poste un beau contenu
J’sais pas un truc nouveau
Et vu le temps qu’je passe dessus
Beaucoup trop peu pour qu’ce soit beau
Ça va être nul et le pire
C’est que j’vais réussir à trouver un autre que moi
À qui en vouloir pour ça

Stop, ça y est, j’arrête de penser
J’vais courir, j’vais marcher
Stop, allé, j’arrête d’me presser
J’vais courir, j’vais marcher, j’vais sourire
Stop, ça y est, j’arrête de penser
J’vais courir, j’vais marcher
Stop, allé, j’arrête d’me presser
J’vais courir, j’vais marcher, j’vais sourire
J’vais m’relever

À côté de ça, il y a le silence de mes amis
À qui j’ai renoncé par amour
Et qui me rappelle qu’aujourd’hui
Je n’ai plus ni elle, ni le temps pour
Ne serait-ce que les reconquérir
Et puis plus on vieilli moins on comprend
Les gens qui nous entourent
Plus on vieilli moins on comprend, tout court
Alors y’a l’amour des enfants
Avec ça tu manques plus de rien
Moi, j’les aime tellement justement
J’ai tout le temps peur de pas faire bien
Faut dire qu’on parle des blessures
Faites par le regard d’un père
La moitié des gens malheureux sur cette terre
Le sont de cette manière
À quoi sert vraiment l’exigence
Pourquoi on souhaite être excellents
Quand on voit dans quelle déshérence
Se retrouvent les génies souvent
Moi, j’voudrai leur apprendre à être heureux
Avant d’être brillant
J’voudrai leur apprendre à être heureux souvent
Souvent
Mais c’que j’veux pour eux, c’que j’veux
C’est bien moins important que c’que j’suis
Les gamins, c’est faites c’que j’fais
Pas faites c’que j’veux encore moins faites c’que j’dis
Dans ce cas là, tant mieux pour la musique
Tant mieux pour l’énergie, tant mieux pour les envies
Et pour le reste
Pardon, tant pis
Pardon, tant pis
Pardon, tant pis
Pardon, tant pis

Stop, ça y est, j’arrête de penser
J’vais courir, j’vais marcher
Stop, allé, j’arrête d’me presser
J’vais courir, j’vais marcher, j’vais sourire
Stop, ça y est, j’arrête de penser
J’vais courir, j’vais marcher
Stop, allé, j’arrête de penser
J’vais courir, j’vais marcher, j’vais sourire (oho)
J’vais m’relever

Avancer, s’rassembler sans flancher
Enjamber, le chantier des pensées
Qui semblait t’emmêler
J’m’y connais sans délais
Mes soucis prenez les et l’angoisse tenez la bien
J’vais shooter dedans comme elle vient
Faut qu’je marche
Parce que j’comprends quand je marche
Faut qu’je marche
Parce que j’apprends quand je marche
Faut qu’je marche
Parce que je pense quand je marche
Parce que j’avance quand je marche
Parce que je rêve quand je marche

 

Ben Mazué
Quand je marche
2020