/ mars 22, 2020/ L'ARBRE À PALABRES, Nature & écologie, Sagesse & beauté, Santé & psycho


Quelque part… dans les jours à venir….. entre la cuisine et le salon… après avoir couru dans tous les sens et fait tout ce qu’il y a à « faire »… Peut-être tomberai-je nez à nez avec moi même ?

Dehors il y a un virus qui fait rage. Pas la guerre… un virus. Un gros animal, qui migre d’un continent à l’autre, comme imageait si bien cette médecin urgentiste, et qu’il faut humblement laisser passer, en s’écartant, faute de pouvoir, faute de savoir vraiment quoi faire.

Il n’y a pas de vaccin, il n’y a pas de pilule miracle…
Nous sommes vulnérables.
Nous sommes vivants.
Nous sommes vulnérables, et… Nous sommes vivants…
Nous sommes vulnérables…

Parce que nous sommes vivants.

Dehors…
Dehors il y a les médias, les politiciens, les infos en trop grand nombre, les statistiques, les conseils martelés, les infos en trop grand nombre, les fake news, les interdictions, les mesures de confinement, les infos en trop grand nombre, l’agitation, et cette manie d’allumer la radio, la télé, internet, pour s’y gaver d’infos, en trop grand nombre…
Dehors il y a Les Italiens, les Chinois, les Français, Ronald Mc Donald Trump… et tous les autres.

Et dedans ? Qui se cache dedans ? A l’intérieur de mon intérieur ?
Qui je cache dedans et qui ne peut pas voir le jour ?

Quelque part dans les jours à venir, devant le miroir de la salle de bain, peut-être tomberai-je nez à nez avec moi même qui me demandera : Qui suis-je… en fait ? Qui suis-je au fond ? Tout au fond…

Si je ne suis pas… si je ne suis plus le coiffeur, la caissière, le prof ou l’avocate, l’artisan, l’employé ou l’ouvrier d’une de ces nombreuses usines à présent silencieuses. Qui suis-je encore ? Ou qui suis-je d’autre ?
Qui suis-je à ce moment précis de mon existence. Et pourquoi ?

Et qui serai-je demain quand tout recommencera ?
Et pour qui ?

Puissé-je créer l’espace pour laisser à ces questions le loisir de creuser des galeries… et de m’exposer, à leurs lumières, de perforer mes cuirasses… de fissurer ce socle qui me maintient trop solidement en équilibre au milieu de tant de déséquilibres.

Puissé-je, avec confiance, laisser à ces questions la tâche de m’emmener dans la tempête, celle qui s’agite derrière ma ligne d’horizon.

Et y mourir peut-être, à tout ce qui ne doit pas recommencer, demain, quand tout recommencera.

Benoît Leibzig
21.03.2020


Publication originale : https://www.facebook.com/benoit.leibzig/posts/10221852644175862


 

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